Les psychothérapies humanistes

L’approche Humaniste en Psychothérapie

Une approche centrée sur la personne
et son potentiel d’épanouissement

La psychologie humaniste vise à mettre la « personne humaine » au centre de la thérapie. Cette expression s’entend en opposition à une vision contemporaine de la psyché humaine qui a de plus en plus tendance à ne s’intéresser au patient qu’à travers le filtre de sa maladie, de ses symptômes et de la méthode ” supposée adéquate” à lui appliquer, ou encore d’une vision scientiste visant à tout expliquer par la chimie du cerveau, (voire même par le déterminisme génétique qui est cependant de plus en plus mis à mal par les découvertes de l’épigénétique).

La thérapie humaniste s’appuie sur quelques grands principes :

  • Le potentiel humain :

Le thérapeute humaniste considère que chaque personne est capable de faire des choix éclairés pour elle-même et possède en elle toutes les ressources nécessaires pour trouver ses propres réponses. Il  ne « sait » pas à la place du patient, mais il peut lui proposer des outils et un cadre pour l’aider dans sa quête d’évolution et d’épanouissement personnel. Seul le client sait réellement, au final, ce qui est bon pour lui.

  • Responsabilité et engagement du client :

Il en découle que la personne n’est pas entièrement déterminée par son environnement, ni ses gènes, ni son inconscient, ni son passé et qu’elle à la capacité de prendre des décisions « en conscience » pour modifier le cours de sa Vie. La thérapie humaniste insiste donc sur la responsabilisation du patient ainsi que sur la Prise de Conscience.

Cette responsabilisation nécessite un engagement du client dans son processus thérapeutique. Celui-ci ne pourra se contenter de rester passif en attendant que le thérapeute lui donne des réponses et solutions toutes faites. Il sera au contraire invité à explorer et vivre diverses expériences à travers des propositions d’exercices dans le cadre de la thérapie, afin de trouver lui-même ses propres réponses et son propre chemin.

C’est d’ailleurs dans cette optique que la personne suivie en thérapie est plutôt désignée par le terme  de “client” plutôt que par celui de “patient”, afin d’insister sur la liberté et la responsabilité qui est la sienne dans l’avancée de sa thérapie.

  • La liberté

Le thérapeute ne poussera pas la personne à aller plus loin qu’elle ne le souhaite dans son cheminement personnel (au-delà du niveau éventuel de l’encouragement positif). Il ne cherchera pas à « aider le client malgré lui », ni à lui apporter des réponses prémâchées et génériques.

  • Un élan de vie intérieur et une autonomisation à favoriser :

L‘approche humaniste considère qu’un élan de vie existe de façon innée en chacun de nous et qu’un travail sur soi ne peut se contenter de « traiter des troubles » (focalisation de l’attention sur le négatif), mais se doit également d’ouvrir la personne à son potentiel de Vie et de Réalisation (développement du positif).

Ainsi, du point de vue Humaniste, la psychanalyse orthodoxe présente le risque d’encourager le patient à s’enfermer dans un ressassement stérile des causes de ses souffrances, à travers un monologue qui finit par tourner en rond à terme, comme d’ailleurs toute pratique tournée uniquement vers soi-même et faisant abstraction du miroir que constitue “l’Autre” ainsi que des interactions relationnelles si nécessaires à l’Humain.

A l’inverse, le thérapeute humaniste considère important de proposer au client un travail interactif qui lui ouvre des perspectives et lui permette de contacter ses ressources internes et son énergie de vie auto-transformatrice.

Cela n‘interdit bien évidemment pas de s’intéresser aux origines des problèmes (événements des différents étapes de vie, fonctionnement inconscient…), mais le thérapeute veillera à ce que l’on ne se focalise pas plus que nécessaire sur ces causes « extérieures ».  Car le fait de revenir en permanence et exagérément aux événements et aux souffrances du passé, peut amener, toujours selon la philosophie humaniste, à développer une forme de « déresponsabilisation » relative face à sa Vie.

Ce terme de «déresponsabilisation» n’est cependant pas péjoratif et n’est pas non plus une invitation à nier la souffrance passée ou actuelle, pas plus qu’il n’est une préconisation de la politique de l’autruche. Mais il est là pour illustrer le positionnement humaniste d’après lequel on ne peut authentiquement progresser et s’épanouir dans la Vie qu’en choisissant d’abandonner un jour nos systèmes de récriminations (même justifiées) envers le monde extérieur, afin de réinvestir notre énergie et nos ressources internes dans une démarche constructive, permettant de « reprendre notre pouvoir » et de redevenir pleinement acteur et responsable de notre Existence.

Ce qu’on pourrait résumer par : « Mes expériences passées ont participé à faire de moi qui je suis, mais ne sont pas à l’origine de tous les aspects de ma personnalité. Je ne suis donc pas totalement conditionné par mon passé, ni impuissant à changer ma Vie. Il est dans mes capacités et de ma responsabilité d’agir (ou pas) et d’évoluer (ou pas) pour modifier ma vision du Monde, transformer mes faiblesses en forces, et infléchir au moins en partie le sens de mon Existence ».

Il s’agit donc de permettre au client de contacter son potentiel créateur afin qu’il puisse ensuite poser des actes transformateurs dans sa vie.

Cependant, on comprendra bien qu’avant de pouvoir agir, il est tout d’abord nécessaire de prendre conscience des problèmes et des besoins qui sont les nôtres, ainsi que de nos comportements et conditionnements. C’est pourquoi, la thérapie humaniste insiste également sur la prise de conscience.

  • La prise de conscience :

L’approche Humaniste insiste donc sur la capacité de chacun à devenir toujours plus conscient des ses fonctionnements propres, afin de s’en détacher.

Pour ce faire, le thérapeute ramène régulièrement le client à ce qui se passe en lui, dans l’instant, dans la Conscience de ce qu’il ressent « Ici et Maintenant »-que cela soit dans le cadre d’un simple échange verbal ou d’un exercice quel qu’il soit (corporel ou autre)-. Il s’agit là d’ailleurs d’une démarche inspirée des pratiques de méditation orientales qui sont une des bases de la Gestalt-thérapie.

Pour développer et favoriser les prises de conscience, divers exercices (ou non-exercices) peuvent être proposés par le thérapeute. Le client se voit alors invité à rester attentif aux différents vécus (pensées, émotions, sentiments, sensations corporelles,…) qui émergent en lui. C’est ainsi qu’à force de pratique, il lui sera possible d’acquérir, petit à petit, une conscience toujours plus affinée de ses fonctionnements et conditionnements propres et de parvenir par-là à acquérir un recul vis-à-vis de ces derniers.

  • L’expérimentation, un facteur incontournable pour la prise de conscience 

En thérapie humaniste, c’est l’Expérience qui est considérée comme le facteur premier d’évolution de la personne.

Ce n’est en effet pas en se contentant de se comprendre intellectuellement et en élaborant de savantes théories sur les causes de ses difficultés de vie que l’on peut réellement se transformer et évoluer.

Mais bien au contraire, c’est en expérimentant des situations (3), et en prenant conscience de la façon dont on les vit et dont on y réagit (corporellement, émotionnellement et sur le plan cognitif) que l’on peut réellement évoluer et se transformer. Seule l’expérience vécue et intégrée dans les faits (et non pas juste analysée intellectuellement) permet d’accéder à une réelle connaissance (co-naissance = « naître avec ») de soi.

Et c’est encore elle, cette Expérience, qui seule peut nous permettre de contacter et de nous ouvrir à nos ressources profondes, pour accéder à une ouverture d’esprit et à une lucidité toujours plus grandes, débouchant naturellement sur le développement d’une créativité et d’une adaptabilité aux événements de la Vie.

(3) : On retrouve là le « primat de l’expérience » déjà évoqué dans les thérapies psychocorporelles. C’est pourquoi ces dernières peuvent être classées dans les thérapies humanistes.

  • La créativité : à la fois conséquence et facteur d’épanouissement de la personne

Comme nous l’avons mentionné au paragraphe précédent, à travers l’expérimentation de situations diverses, la thérapie humaniste cherche à développer chez chacun une conscience de soi plus fine, dans le but de s’affranchir de ses conditionnements et devenir ainsi plus créatif dans ses modes de relation au Monde. Nous parlons donc là « d’une « créativité et d’une adaptabilité relationnelle et sociale ».

Mais la créativité au sens plus classique du terme est également valorisée pour la simple et bonne raison que le développement de toute forme de créativité est considéré comme participant à l’épanouissement de la personne. C’est ainsi que les thérapeutes humanistes proposent souvent à leur client des temps d’expression corporelle ou d’expression artistique diverses (dessin, peinture, collage, modelage, etc…).

Les principales thérapies humanistes

Le courant humaniste est principalement représenté par deux grandes approches :

  • L’approche centrée sur la personne (Abraham Maslow, Carl Rogers,…)
  • La Gestalt-thérapie créée par Fritz Perls

On peut inclure dans les thérapies humanistes également :

  • Les thérapies Psycho-corporelles.

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